L’abandon : une zone sensible qui demande douceur
- jnormandtra
- 30 sept. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 déc. 2025
L’abandon : une zone sensible qui demande douceurVous est-il déjà arrivé de ressentir ce vide intérieur… celui qui vous fait sentir seul(e), abandonné(e), incompris(e) ou peu important(e) ?
Si ces mots résonnent en vous, sachez que vous n’êtes pas seul(e). Je vous invite à lire ce petit article où je vais tenter, avec simplicité, de démystifier cette zone sensible, si fragile pour ceux et celles qui la portent.
Comprendre quand et comment on ressent l'abandon dans notre quotidien
Parfois, l’abandon se glisse dans de petites choses… Une amie qui ne peut plus venir au restaurant alors qu’on avait besoin de jaser. Un conjoint occupé que l’on croit moins disponible. On se sent mis(e) de côté, invisible, comme si notre présence n’avait pas d’importance.
Mais parfois, l’abandon prend des formes plus grandes et douloureuses : un père qui quitte le pays pour sa nouvelle vie et nous laisse derrière. Une relation amoureuse qui se termine, sans que nous l’ayons choisie.
Dans ces moments, on se sent seul(e), démuni(e), parfois infériorisé(e)… et on se dévalorise soi-même. C’est dans cet espace, où l’on ne sait plus prendre soin de soi avec douceur, bienveillance et amour, que cette zone sensible s’éveille.

Des ressentis fréquents liés à l’abandon
Dévalorisation
Infériorisation
Manque d'amour propre
Imagination qui s’emballe
Grand sentiment de vide
Pourquoi se sentir sans valeur quand l’autre ne nous choisit pas… ?
C’est une question intéressante.
Dans tous ces moments, on observe que l’on dépose toute notre valeur dans l’autre. On est loin d’être connecté(e) à soi, loin de ressentir avec douceur ce qui se passe à l’intérieur. L’imagination s’empare alors de la réalité, et on nourrit une interprétation née de nos pensées, de nos croyances et de notre monde intérieur.
Le manque de confiance en soi et la faible estime de sa propre valeur peuvent biaiser la réalité et nous plonger dans un grand vide émotionnel, où l’on perd contact avec le réel. L’anxiété s’installe, le stress monte, le pouls s’accélère et le mal-être prend le dessus. C’est là que les scénarios destructeurs nous envahissent.
Cette peur d'être abandonné(e) est souvent nourrie par le sentiment permanent de perdre l'amour.
Le rôle de la communication
Souvent, c’est aussi le manque de communication claire qui alimente ce cercle. Plus les choses sont dites et nommées, moins on se retrouve surpris ou déstabilisé, et plus il devient facile d’accepter que, ce vendredi, par exemple, nous serons seul(e) pour la soirée.
Nommer mes attentes devient une manière de me protéger, d'atténuer les déceptions et de ne pas m’abandonner.
Je vous invite à dire et à nommer ce qui vous ferait plaisir, vos attentes, puisque les personnes qui nous entourent ne savent rien de ce que nous ressentons, désirons ou vivons intérieurement. C’est en les exprimant que l’on peut mieux s’occuper de soi et nourrir nos relations avec les autres.

Les différentes manières de se défendre et de se protéger de l'abandon:
Un point en commun chez les personnes qui portent la zone sensible d’abandon est une perte de sécurité affective, une insécurité, en d’autres mots, qui mène à de l’inconfort et à des émotions souffrantes.
L’abandonné attend que l’autre assouvisse son besoin d’amour, qu’il le comprenne. Il recherche l’amour qu’il ne se porte pas à lui-même. Il projette alors son manque d’amour et d’acceptation sur les autres. La honte s’installe, ce qui l’amène vers l’isolement. Souvent, il se dit : « C’est pourtant simple ce dont j’ai besoin… » Mais de cette position, il ne s’occupe pas de ses besoins et remet son monde émotionnel entre les mains des autres.
Certains abandonnés s’accrochent, tandis que d’autres désertent, s’isolent ou boudent. L’abandonné porte aussi un grand bourreau en lui : une forme de pouvoir et de contrôle sur les autres qui lui permet de se sécuriser. C’est souvent inconscient. Il ne part pas d’une mauvaise intention : c’est simplement une manière de se protéger.
Il y a également de la victimisation chez l’abandonné : « C’est l’autre le problème, pas moi ! »
Le manque de confiance, la difficulté à accueillir sa colère ou sa honte, ainsi que ses dynamiques refoulées deviennent étouffants pour l’autre, qui finit par déserter. Alors, on tourne en rond dans ce système fragile, qui a tant besoin d’amour et de douceur, mais qui s’active souvent dans la défensive, l’attaque et l’isolement.
Plus on prend conscience de cette dynamique, plus il devient possible d’en sortir. Mettre des limites et développer une meilleure autonomie affective nous aide à retrouver notre liberté dans nos relations importantes. C’est ainsi que l’on peut reprendre le pouvoir de notre manque d’amour en le transformant en sécurité intérieure, au lieu de rester prisonnier de l’insécurité.
Comment vivre avec cette zone sensible à l’abandon ?
La guérison passe par le développement de tout ce qui nourrit l'amour de soi.
Souvent, on cherche à se distraire, à ne rien ressentir, à s’étourdir, à refouler. Et pourtant, c’est dans l’accueil que réside la guérison.
Ne pas nier la douleur, le sentiment de rejet, la tristesse, la colère, la peur d’être seul(e), aide à vivre avec cette sensibilité. Ces émotions ressenties nous indiquent nos besoins. Se répéter sa valeur aide à ne pas se définir uniquement dans le regard des autres. Quand on donne de la place à ce vide, qu’on l’accepte, il occupe moins longtemps son logement dans notre « immeuble intérieur ». En l’accueillant, on tombe moins dans la victimisation et on accepte doucement ce que l’on ressent.
Qu’est-ce que je pourrais faire qui me ferait du bien, maintenant ?
Un bon bain chaud avec des chandelles et de la musique ? Pourquoi pas ! Écrire, lire, faire du sport, marcher, respirer… toutes ces actions peuvent nous sécuriser, combler notre vide intérieur et nous ramener au moment présent.
L’abandon fait évoluer l’humain. Il oblige à s’occuper de soi avec bienveillance et douceur. Il nous rapproche de notre vérité intérieure.
Se donner tout l’amour que l’on aimerait recevoir des autres aide à guérir ce vide intérieur. Renforcer notre autonomie affective permet à cette source de douleur de perdre ses racines pour renaître dans une résilience nouvelle, devant ces moments où l’on se sent seul(e), sans repère, sans amour.
En conclusion
La zone sensible de l’abandon est un espace fragile, souvent difficile à apprivoiser. Elle peut réveiller en nous des émotions intenses. Pourtant, c’est aussi une porte d’entrée vers une meilleure connaissance de soi.
Apprendre à reconnaître ses émotions, à les nommer et à s’accueillir avec douceur permet, peu à peu, de transformer cette douleur en une force intérieure. L’acceptation ne se fait pas en un jour : chacun avance à son propre rythme, selon son histoire et ses capacités du moment.
Ce chemin n’est pas une ligne droite. Il est fait d’allers-retours, de petites victoires, de reculs parfois… mais toujours d’une petite marche de plus vers la liberté intérieure.
L’espoir réside dans cette certitude : il est possible de traverser l’abandon sans se perdre, d’apprendre à s’aimer dans le vide, et de découvrir en soi une présence qui ne nous quittera jamais — la nôtre.



Commentaires